Être le servant de l’apprentissage

« Servant » est un terme que j’aime beaucoup.

Il est utilisé  par Arno Stern, afin de décrire le rôle de celui qui aide les peintres de tous les âges dans les ateliers du « jeu de peindre » qu’il a initié (le Clos-Lieu)… C’est celui ou celle qui est là, comme un soleil, à la fois bienfaisant(e) et discret(e), pour soutenir la création, l’élaboration, la transformation, l’alchimie de la connaissance qui s’élabore dans l’intimité d’un être occupé à vivre une expérience qui le nourrit. Le servant veille et accompagne, pour que rien ne perturbe l’éclosion de l’attention qui guide les actes de l’apprenant, fragile et puissante, comme un irrépressible germe de vie.

Servir l’apprentissage est un rôle d’entremetteur entre l’apprenant et ce qui l’occupe. Loin de l’enseignant-émetteur, le servant est médiateur. Il permet la rencontre, met en relation les conditions d’une expérience avec l’apprenant lui-même. Celui-ci peut apprendre uniquement de cette expérience unique qu’il vit, que personne ne peut vivre à sa place, que rien ne peut forcer sinon la force de son élan, de sa propre curiosité, de sa propre détermination, porté par un intérêt dont il est seul maître.

Nous avons fait de l’apprentissage un système, une doctrine, une institution, une injonction. Et nous avons oublié qu’apprendre est notre nature, puissante et délicate. Nous apprenons comme nous respirons, chaque jour et à chaque instant, et ce depuis le ventre de notre mère. Si au lieu de nous laisser respirer tranquillement et naturellement, nous imposions à nos poumons un air pulvérisé qu’ils n’ont pas demandés, à inspirer coûte que coûte, que se passerait-il ? Nous resterions perturbés, suffocants, stressés, dégoûtés peut-être… C’est ce qui se passe lorsque l’on force un enfant à apprendre ce qui ne l’intéresse pas. Apprendre s’élabore en nous, et le plus souvent malgré nous, car on ne peut forcer cette élaboration. Le véritable apprentissage est celui qui s’impose à nous dans une évidence tranquille et non pas celui qui nous est imposé par des programmes et des attentes. La bienveillance d’un accompagnateur dévoué, respectueux, constitue un fondement solide, sécurisant, sur lequel l’apprenant peut s’appuyer pour se construire par lui-même.

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