Laurent Bouquet


Consultant, co-fondateur du Hameau des Buis

1972 / 1990  -  Enfance

Je nais à Valence dans la Drôme le 29 octobre 1972 et grandis avec mon frère cadet dans l’ambiance d’une famille de commerçants. Mon père est également musicien de jazz et le son du piano accompagne mon quotidien.

1990 /  1995  -  Premiers pas dans le monde du travail

J’obtiens le Baccalauréat A1 (maths-philo) sans enthousiasme, et me détourne  rapidement des études, avec l’impression que ce n’est pas en restant assis encore plus longtemps sur une chaise que je vais apprendre quelque chose. Ayant nourri des affinités avec la musique, j’ai l’occasion de travailler comme disc-jockey saisonnier dans plusieurs clubs à la montagne, sur la côte d’azur, puis comme DJ résident à Valence. Je pars ensuite à Douala (Cameroun) durant un an pour mettre mes compétences au service d’un cabaret et d’un night-club local. Mon retour en France me donne l’opportunité de reprendre la gérance d’un bar dans la Drôme Provençale. Je n’ai que 23 ans.

1995 / 1999  -  Choc spirituel et virage à 180°

Une rencontre déterminante va changer définitivement le cours de mon existence. Je découvre que ma vie peut avoir un sens différent. Mon mentor m’offre l’exemple d’une vie simple, reliée à l’essentiel, et d’un métier en accord avec ces valeurs. Émerveillé par toutes ces découvertes, je décide d’arrêter mon activité et entreprends de retourner en formation dans les Ardennes. Cette fois, je sais ce que je veux.  J’obtiens mon diplôme d’entrepreneur de travaux forestiers avec l’option élagage, puisque mon projet est de devenir grimpeur-élagueur afin de soigner les arbres.

1999 / 2002  -  Apprentissages, découvertes et voyages

Je deviens entrepreneur individuel d’élagage et parcours la France de chantier en chantier. Très vite les limites de cette vie d’entreprise me rattrapent : j’ai embrassé cette vocation par amour des arbres et du vivant auquel je me sens de plus en plus relié, pas pour assurer un chiffre d’affaires annuel. La tempête de décembre 1999 me place en régime de suractivité : je reste plusieurs mois en région parisienne pour sécuriser les nombreux lieux devenus interdits au public en raison des centaines d’arbres déracinés ou prêts à tomber. Suite à cet épisode, je décide de cesser mon activité et d’employer l’argent gagné en investissant dans un gros broyeur à végétaux, conscient que c’est un investissement d’avenir pour mon projet de retour à la terre. Je poursuis ma quête par le biais du réseau des fermes biodynamiques. Je troque mes services en échange du gîte, du couvert, et de l’apprentissage du métier d’agriculteur. Une sorte de woofing avant l’heure.

2002 / 2012  -  Rencontre de Sophie et développement de l’écovillage

J’avais déjà rencontré Pierre Rabhi quelques années plus tôt. À l’époque, Pierre n’était connu que du réseau très confidentiel des écolos ruraux. Aussi, lorsque j’apprends qu’il se présente aux élections présidentielles, je trouve la démarche tellement touchante que je consacre quelques mois à distribuer des tracts pour soutenir sa candidature. À l’issue de cette campagne improbable, Pierre me propose de venir tailler les arbres de sa ferme et d'expérimenter diverses méthodes de compostage avec le broyat des végétaux.

Lorsque j’arrive sur place, Sophie, sa fille, a déjà ouvert son école sur la ferme familiale depuis quelques années. Elle vient juste de finir la rédaction d’un nouveau projet de lieu de vie écologique. Elle me propose la mission de coordonner le développement du projet, ce que j’accepte. Nous nous marions en 2005 et donnons naissance à deux enfants. Les années de construction du Hameau des Buis me permettront d’apprendre dans les domaines très variés de l’écoconstruction, la méthodologie de développement de projet, l’urbanisme, la gouvernance participative, la gestion des conflits, les ressources humaines dans le milieu associatif, etc.

2012 / 2016  -  Collaboration avec Pierre Rabhi et nouveau projet

La construction du Hameau des Buis est achevée depuis quelques mois, tous les habitants ont emménagé dans leurs maisons, et j’entame une nouvelle partie de ma vie professionnelle aux côtés de Pierre qui me propose de le rejoindre afin de servir les nombreux projets issus de ses initiatives. Je deviens membre du Cercle de Pilotage du mouvement Colibris, suis présent lors des Conseils d’Administration de l’association Terre & Humanisme afin de faire le lien entre ces différents projets et Pierre, qui fait l’objet d’un nombre impressionnant de sollicitations. Je coordonne la réalisation du Fonds de Dotation Pierre Rabhi, pressens que le projet Oasis a de beaux jours devant lui si Colibris lui donne l’impulsion nécessaire, ce à quoi je m’emploie avec assiduité. Je coordonne également la partie éditoriale avec des partenariats qui ouvrent au grand public la pensée de Pierre sur de nouveaux sujets (Semeur d’espoir, avec Olivier Le Naire, Ed. Actes Sud) ou replacent les grands enjeux dans une actualité mise à jour des dernières découvertes (L’agroécologie une Éthique de vie, avec Jacques Caplat, Ed. Actes Sud). Je participe au MOOC de Colibris sur les Oasis et interviens dans divers évènements en tant que conférencier ou porte parole du mouvement Colibris, notamment lors de la campagne Oasis.

Malgré tout l’intérêt et la richesse des rencontres d’une grande qualité et diversité, ces quatre années intenses m’éloignent de plus en plus de ma réalité locale, tout accaparé que je suis par les projets nationaux ou internationaux. Même si je vis et participe activement à la vie du Hameau des Buis, j’aspire à une vie plus reliée aux valeurs simples d’un quotidien où mon action se situe sur mon territoire de vie. Avec mon épouse Sophie, nous décidons de démarrer un nouveau projet, dans la continuité de notre action démarrée 14 années plus tôt : transmettre notre expérience et celle des personnes dont le parcours nous inspire, avec l’Université Vivante, tout en pratiquant la recherche continue au sein du Hameau des Buis et de l'école La Ferme des Enfants dans la plupart des domaines de la Transition.